1. Dimensions des manèges

Approche générale : Un manège plus spacieux est évidemment plus confortable pour des cavaliers aguerris. Pour l’instruction aux cavaliers débutants, des surfaces plus petites permettent une plus grande proximité avec l’enseignant. De plus, les cavaliers ne maitrisant parfois que très peu leur monture, il peut être pénalisant de travailler dans des endroits trop vastes.

Dimensions recommandées pour la piste :

  • Initiation et poneys : 15×20 ; 15×30 ; ne pas aller en dessous de 12m de large.
  • Chevaux : minimum 18×36 ; classiquement 20×40 ; 20×60 pour se conformer aux dimensions du rectangle de dressage ; dimensions « olympiques » : 25×65 ; organisation de CSO indoor : 2600 m² minimum + gradins

Fausse bonne idée : L’utilisation d’un grand manège avec une séparation de la piste par des lices mobiles pour y délivrer plusieurs cours est déconseillée car les interactions entre les chevaux des différentes reprises sont souvent la cause de chutes et d’incidents.

Hauteur du manège : La hauteur libre d’un manège doit être au minimum de 4 m pour des chevaux, 5 m sont préférables ; 3.50 m pour des poneys.

Attention aux pratiques qui demandent plus de hauteur comme la voltige et le Horse Ball.

Enfin, la hauteur doit être proportionnée avec la surface du manège. Plus le manège est grand, plus l’effet d’écrasement est important et plus il faudra donc en augmenter la hauteur.

2. Le Sol du manège

Le sol du manège ne doit tout d’abord pas être glissant car les chevaux y évoluent beaucoup sur des courbes et qu’un manque d’adhérence peut facilement provoquer la chute d’un cheval. Ce type de risque augmente avec la vitesse des chevaux, l’inexpérience des cavaliers et le jeune âge des chevaux qui ne maitrisent pas encore parfaitement leur équilibre.

La poussière est d’autant plus problématique en manège que la ventilation est moindre par rapport à celle d‘une carrière. Les solutions résident dans l’arrosage ou dans le choix de sols sans poussière.

3. L’arrosage du manège

L’arrosage du manège intervient dans la sécurité à plusieurs titres. Le positionnement des arroseurs et la qualité de l’arrosage :

  • La position des arroseurs lorsque le manège est fréquenté par les cavaliers est importante. Elle doit prévenir tout incident en cas de chute d’un cavalier à la hauteur de l’arroseur.
  • Si l’arroseur n’est pas escamotable, il doit être positionné suffisamment haut pour en pas être touché par un cavalier en fâcheuse posture, c’est-à-dire à 3m de haut. Le principal écueil de ce type d’installation est un mauvais arrosage avec des zones sèches au pied de chaque arroseur
  • La solution la plus fréquente et qui apporte une bonne sécurité est le positionnement d’arroseurs escamotables dans le pare botte. En dehors des arrosages effectifs, ils sont cachés et ne génèrent aucun risque. Le principal défaut de ce procédé est un arrosage du pare botte qui génère un vieillissement prématuré et le verdissent du pare botte sur les zones arrosées.
  • La solution qui donne les meilleurs résultats est la subirrigation qui ne génère aucun risque et apporte l’arrosage le plus homogène.

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4. Périphérie du manège et sécurité

Pare botte

Traditionnellement d’une hauteur de 1.30 à 1.50, son épaisseur varie de 40 à 60 cm ; il forme un angle de 15° par rapport à la verticale pour pouvoir suffisamment écarter le cheval du mur.

Le pare botte suspendu est apprécié pour permettre le passage des outils d’entretien, il peut s’avérer dangereux si le manège est utilisé par des enfants montant de petits poneys, dans ce cas, un pare botte droit allant jusqu’au sol est recommandé. Un pare botte suspendu positionné bas est envisageable mais il faut alors être vigilant sur la compatibilité de l’aménagement avec la hauteur des outils de travail du sol.

Protection en cas de chute en périphérie du manège

Les chutes en périphérie dans du manège sont potentiellement plus fréquentes et plus graves. Si le cavalier vient à chuter contre le pare botte, il ne rencontrera pas de profil contondant. S’il est projeté au-dessus du pare botte, il ne doit pas en rencontrer non plus. C’est pourquoi différentes solutions sont envisageables :

Le Voligeage : cela consiste à installer une volige en bois sur toute la hauteur au-dessus du pare botte : on recommande un espacement entre les voliges de 4cm et de faire monter le voligeage jusqu’à 2m50 pour les poneys et 3m pour les chevaux

Protection des piliers

Si seulement quelques piliers de structure peuvent poser souci, on peut également envisager de les protéger avec les mêmes protections type « matelas » que ceux utilisés sur les pistes de ski.

5. Les portes du manège

Le positionnement des portes dans un manège n’a que peu d’influence sur la sécurité. Le point important est de toujours ménager 2 issues possibles en cas d’incendie.

Dans la mesure du possible, on préfère positionner la porte d’entrée cavaliers dans un angle du manège, cela évite au nouvel arrivant de couper la route à un cavalier sur la piste. De plus, on peut se passer de pare botte dans le coin du manège sans compromettre la sécurité, ce n’est pas le cas au milieu de la largeur ou de la longueur. Dans ces cas, la porte doit impérativement être doublée du pare botte en continuité avec celui installé sur les murs. En pratique, le positionnement des portes est surtout fonction de l’architecture globale de l’établissement équestre.

En pratique, on ménagera une porte d’entrée large pour permettre aux véhicules lourds de rentrer dans le manège pour les travaux sur la piste. La porte mesurera au moins 3×3, idéalement 4 m de large sur 3 de haut.

6. Eclairage

Bien que l’éclairage ne soit pas directement impliqué dans la sécurité des cavaliers, il faut garder en mémoire que le cheval s’accommode moins rapidement que l’homme des passages successifs de l’ombre à la lumière. Un éclairage avec des zones d’ombre sera plus propice à des réactions de peur ou de surprise de la part du cheval. On veillera donc à fournir un éclairage homogène et d’une intensité de 200 à 300 LUX